Dans les derniers ateliers que j’ai animés, une phrase est revenue plusieurs fois dans la bouche des femmes présentes autour de moi : « Quand il s’agit de m’occuper de moi, je procrastine. »
Ou encore : « Je sais ce que je devrais faire pour aller mieux, mais je le remets toujours à plus tard. »
Ce constat revient souvent lorsqu’il est question de santé, d’alimentation, d’activité physique ou simplement de bien-être, de réserver un massage.
Une autre remarque m’a particulièrement interpellée : « Pour mon mari, c’est très simple. Il pense d’abord à lui. Moi, j’ai beaucoup plus de mal. »
Pendant longtemps, j’ai cru que ce comportement chez moi était lié à un manque d’organisation, de discipline ou de motivation, de temps. Aujourd’hui, je pense qu’il s’agit complètement d’autre chose.
Beaucoup de femmes ne procrastinent pas parce qu’elles ne savent pas quoi faire. Elles reportent à plus tard parce qu’elles ne se sentent pas autorisées à devenir une priorité.
Elles savent qu’elles mangeraient mieux.
Qu’elles marcheraient davantage.
Qu’elles prendraient rendez-vous chez le médecin ou chez la naturo
Qu’elles feraient ce cours de yoga dont elles parlent depuis des mois.
Qu’elles iraient se coucher plus tôt.
Mais lorsqu’il s’agit de prendre soin de soi, quelque chose semble toujours passer avant.
Je me suis donc posée sur cette problématique que j’ai rencontré pendant longtemps et qui peut refaire surface rapidement. Et j’en ai retiré 4 grandes causes, il y en a sûrement plus, qui fait taire notre autorité intérieure.
Pourquoi est-il si difficile de se choisir ?
Lorsque je regarde de plus près, plusieurs mécanismes se superposent en fait.
Ce n’est généralement pas un manque de volonté mais une histoire beaucoup plus ancienne.
1.Le conditionnement féminin : apprendre à s’oublier
Dès l’enfance, beaucoup de femmes apprennent que leur valeur réside dans leur capacité à être présentes pour les autres.
- Être gentille.
- Être disponible.
- Faire plaisir.
- Prendre soin.
- Ne pas déranger.
- Ne pas être égoïste.
La petite fille qui aide, qui pense aux autres et qui, surtout, ne fait pas de vagues reçoit souvent beaucoup d’approbation et de remarques gratifiantes.
À l’inverse, celle qui affirme ses besoins est souvent perçue comme difficile, capricieuse ou centrée sur elle-même. Et donc, petit à petit, prendre soin des autres devient une magnifique identité.
Certaines femmes passent alors une grande partie de leur vie à être une excellente mère, une excellente épouse, une excellente amie ou une excellente collègue.
Mais si on leur demande : « Et toi, de quoi as-tu besoin ? »
…
La réponse devient parfois beaucoup plus floue.
Parce qu’elles ont appris à être tout pour tout le monde, sauf pour elles-mêmes.
2.La peur du jugement
Une femme qui gère tout est souvent admirée.
On la félicite pour son dévouement, sa disponibilité et sa capacité à tout porter.
Pour ma part, c’est surtout un besoin de contrôle. Mais ça fera peut être le sujet d’un autre podcast.
En revanche, lorsqu’une femme commence à se mettre au centre de sa vie, les réactions peuvent être différentes.
« Tu pourrais faire un effort. »
« Tu penses un peu à toi quand même. »
« Tu exagères. »
Même lorsque ces remarques sont dites sur le ton de l’humour, elles réveillent parfois une peur très ancienne.
La peur d’être jugée.
La peur de décevoir.
La peur de ne plus être aimée.
Alors certaines femmes préfèrent continuer à s’oublier plutôt que de risquer de déranger l’équilibre autour d’elles.
3.Notre système nerveux n’aime pas le changement
C’est probablement l’aspect dont on parle le moins.
Mais pourtant, il est essentiel.
Lorsqu’une femme a passé quarante ou cinquante ans à répondre aux besoins des autres avant les siens, changer ce fonctionnement représente une véritable révolution intérieure.
Même si ce changement est bénéfique dans sa vie et qu’elle sait qu’il est nécessaire à son équilibre, son système nerveux perçoit cette transformation comme une réelle menace.
Inconsciemment, notre cerveau peut associer ce changement à un risque :
« Si je prends davantage de place, vais-je encore être aimée ? »
« Si je pose mes limites, vais-je être rejetée ? »
« Si je change, vais-je perdre ma place dans la famille ou dans le couple ? »
Dans ce contexte de peur, la procrastination n’est plus un manque de motivation.
Elle devient une stratégie de protection.
Une manière inconsciente de rester dans un territoire connu.
4.L’illusion du "quand j’aurai le temps"
C’est l’un des pièges les plus fréquents.
« Quand les enfants seront grands. »
« Quand mon mari ira mieux. »
« Quand le travail sera moins prenant. »
« Quand la maison sera terminée. »
« Quand je serai à la retraite. »
Beaucoup de femmes vivent avec l’idée qu’elles prendront soin d’elles plus tard, quand le temps s’ouvrira à elle.
Mais ce fameux plus tard continue souvent de reculer.
Parce qu’il y aura toujours une urgence. Toujours quelqu’un à aider. Toujours quelque chose à gérer.
La réalité est simple :
Le temps ne se trouve pas. Le temps, il se décide, il se prend. C’est un acte posé et pas un cadeau du ciel. C’est de l’ordre de la prise de décision.
Et certaines femmes arrivent à la soixantaine en réalisant qu’elles ont attendu toute leur vie l’autorisation de vivre davantage pour elles-mêmes.
Ce qui se cache derrière la procrastination
Lorsque l’on parle de procrastiner, on imagine souvent un manque d’organisation.
Pourtant, ce n’est généralement que la partie visible de l’iceberg.
Sous la surface se cachent souvent :
- la culpabilité ;
- la peur d’être égoïste ;
- la peur de décevoir ;
- le besoin d’être aimée ;
- la peur du conflit ;
- la peur du changement.
Autrement dit, ce n’est pas qu’une femme ne veut pas prendre soin d’elle.
C’est qu’une partie d’elle croit qu’elle risque quelque chose en le faisant.
Tant que cette partie n’est pas reconnue, entendue et rassurée, les bonnes résolutions resteront sans effet.
Comment retrouver son autorité intérieure ?
J’aime beaucoup cette expression.
L’autorité intérieure n’est pas une domination.
Ce n’est pas devenir dure.
Ce n’est pas imposer sa volonté aux autres.
C’est devenir la référence de sa propre vie.
C’est pouvoir dire :
« Je t’entends. »
« Je comprends ton besoin. »
« Mais je ne vais plus systématiquement me sacrifier pour y répondre. »
L’autorité intérieure est profondément empathique car elle prend en compte les autres sans s’abandonner soi-même. Cela permet de poser des limites sans culpabilité.
Elle permet de choisir son sommeil, son alimentation, son mouvement ou son temps de repos sans avoir l’impression de voler quelque chose à quelqu’un.
Être au centre n’est pas être au-dessus
C’est sans doute l’idée que j’aimerais transmettre le plus.
Beaucoup de femmes confondent encore ces deux notions.
Elles pensent que se mettre au centre signifie :
- passer avant tout le monde ;
- devenir individualiste ;
- ne penser qu’à soi.
Pourtant, ce n’est pas du tout cela. Je t’explique.
Imagine un système solaire avec le soleil est au centre.
Il ne domine personne.
Il ne contrôle personne.
Il ne retire rien aux autres planètes.
Il permet simplement à tout le système d’exister.
Il apporte sa lumière, sa chaleur et sa stabilité.
Une femme qui se met au centre de sa vie agit de la même manière.
Elle ne devient pas moins aimante.
Elle ne devient pas moins généreuse.
Elle ne devient pas moins présente.
Elle cesse simplement de s’oublier.
Et lorsqu’elle retrouve cette place centrale, quelque chose change profondément car son énergie devient plus stable, son corps cesse de porter seul ce qu’elle ne dit pas.
Ses émotions retrouvent davantage d’espace pour circuler et ses relations deviennent plus équilibrées.
Elle est souvent plus disponible pour les autres parce qu’elle n’est plus constamment en train de se vider.
Et si prendre soin de soi n’était pas un luxe ?
Et si ce n’était même pas un acte de développement personnel ?
Et si c’était simplement la place naturelle que tu n’aurais jamais dû quitter ?
Parce qu’une femme qui s’oublie finit toujours, tôt ou tard, par demander à son corps de porter ce qu’elle ne s’autorise pas à vivre.
Alors aujourd’hui, j’aimerais te poser une question : Qu’es-tu en train de remettre à plus tard alors que ton corps te demande peut-être de commencer maintenant ?
Et si cet article a résonné en toi, je t’invite à le partager à une autre femme. Peut-être une amie ou une sœur. Peut-être une collègue.
Parce que lorsque les femmes cessent de s’oublier, elles ne prennent pas seulement soin d’elles.
Elles ouvrent aussi un chemin pour celles qui les entourent.
Si cet article t’a plu, n’hésite pas à laisser un commentaire. J’y répondrai avec beaucoup de plaisir.
A très vite


